Flux pour
Articles
Commentaires
Norman Rockwell. Autoportrait. 

 

   Cette question ne peut être traitée de manière générale car même si nous admettons que le seul fondement de l'identité personnelle est la conscience de soi, il va de soi que cette construction intellectuelle s'opère dans un contexte social, avec sa langue, ses usages, ses valeurs.

  Avant de se conquérir dans son autonomie ou dans sa « majorité » la conscience est largement le reflet du milieu social dans lequel elle a été formée.

   Ainsi, on peut dire que la question de l'identité est moins au cœur des préoccupations des hommes à certaines époques, dans certains types de sociétés que dans d'autres.

  Prenons l'exemple de la société traditionnelle. Celle-ci n'a pas fait émerger l'individu comme une personne, une subjectivité ayant une existence propre. Dans ces sociétés holistes (opposables à sociétés individualistes) l'individu est un membre subordonné du corps social dont le statut est entièrement déterminé par la collectivité. Hors d'elle il n'a aucune réalité. Comment dès lors s'intérioriser autrement que conformément au rôle social attribué ? Celui-ci est sans doute vécu comme  «  un fait de nature » c'est-à-dire comme ce qui s'impose à soi avec la nécessité d'un sort auquel on n'échappe pas.

  D'autant plus que la langue de certaines de ces sociétés ne comporte pas le Je. On parle de soi à la troisième personne. On s'appelle « les frères » « les sœurs » par exemple. S'il est vrai que l'opération par laquelle une conscience se constitue comme pouvoir de séparation, de division d'avec soi et d'avec le monde est le langage, il est urgent de se demander ce que le sentiment de son identité personnelle doit à la capacité de disposer linguistiquement du Je, du tu et aussi de porter un nom. Il ne s'agit pas de dire que le moi est un simple produit de la grammaire (ce serait oublier que les langues sont des créations de l'esprit humain), mais de ne pas méconnaître qu'on construit le réel à travers les catégories d'une langue, ce qui n'est pas sans incidence sur la construction de sa propre identité.

  Les linguistes, par exemple, insistent avec Benveniste, sur le fait que le sujet ne préexiste pas aux actes d'énonciation mais est au contraire institué par eux. La personnalité, la subjectivité au sens psychologique et moral se constitue à l'intérieur du langage.

  «  La subjectivité dont nous traitons ici c'est la capacité du locuteur à se poser comme « sujet ». Elle se définit, non pas comme le sentiment que chacun éprouve d'être lui-même (ce sentiment dans la mesure où chacun peut en faire état, n'est qu'un reflet) mais comme l'unité psychique qui transcende la totalité des expériences vécues qu'elle assemble et qui assume la permanence de la conscience. Or nous tenons que cette « subjectivité » ...n'est que l'émergence dans l'être d'une propriété fondamentale du langage. Est « ego » qui dit « ego ». Nous trouvons là, le fondement de « la subjectivité » qui se détermine par le statut linguistique de «  la personne ». La conscience de soi n'est possible que si elle s'éprouve par contraste. "Je" n'emploie "je" qu'en s'adressant à quelqu'un qui dans son allocution sera un "tu". C'est cette condition du dialogue qui est constitutive de la personne, car elle implique en réciprocité que je deviens tu dans l'allocution de celui qui se désigne à son tour par je » Emile Benveniste.  De la subjectivité dans le langage » in Problème de linguistique générale. 1956, Gallimard « Tel », 1966, p. 259-260.

  L'identité dans la société traditionnelle est donc davantage une identité reçue, subie qu'une identité construite activement par un sujet singulier. Celui-ci doit être affranchi des distinctions statutaires, ethniques, nationales pour être reconnu comme personne. Historiquement c'est l'œuvre de ce que nous appelons la modernité d'avoir permis la reconnaissance de ce que «  l'homme vaut parce qu'il est un homme et non parce qu'il est juif, catholique, protestant, allemand, italien etc. ». C'est la différenciation de la société civile, société bourgeoise en rupture avec l'ordre patriarcal ou traditionnel qui a permis de reconnaître « un droit de la liberté subjective » droit qui constitue selon l'analyse de Hegel « le point critique et central qui marque la différence entre les Temps Modernes et l'Antiquité » Principes de la philosophie du droit, 1821, § 124.

  A la suite de Hegel, Marx et Engels ont fait l'éloge des bourgeois révolutionnaires, des capitalistes qui ont déstabilisé les cadres pétrifiés ayant fait obstacle, pendant des siècles aux pouvoirs créatifs de l'homme.

  Mais toute conquête a un prix. Il semble que sur le plan de l'identité personnelle ce prix soit pour certains très élevé.

 

I)                  Identité et modernité. L'identité comme problème psychologique.

 

  D'abord remarquons que ce que nous revendiquons comme une identité personnelle est moins personnel qu'il n'y paraît. Paradoxalement, l'analyse précédente établit que l'individualité est le résultat d'une production sociale. C'est un ordre social spécifique qui nous institue comme des individus à part entière et fait de l'identité personnelle davantage une tâche qu'un donné.

  Dire que c'est une tâche, revient à dire que notre être n'est pas un destin fixé par la nature ou l'histoire mais qu'il incombe à notre responsabilité d'être ce que nous pouvons choisir d'être. Certes nous naissons avec telles caractéristiques physiques, psychologiques, sociales ; les hasards de notre histoire font qu'il nous est donné de vivre tel ou tel événement mais cette « facticité » est d'une certaine manière une extériorité par rapport à laquelle chacun a la liberté, en tant que conscience (ou transcendance), de se situer de telle ou telle manière. (Il dispose irréductiblement du pouvoir de donner sens à ce donné, de l'assumer ou de le refuser et de le combattre). Il y a  bien une identité reçue, passive mais elle est impropre à  définir un être, dès lors qu'il a été institué dans son identité humaine et qu'il se porte subjectivement à la hauteur de cette dignité. Au fond, la modernité a, en quelque sorte, établi une équivalence entre l'identité humaine (l'humanité se définit par la conscience, la raison ou la liberté) et l'identité personnelle (ce qui fait que chacun est  ce qu'il est dépend de sa conscience ou de sa liberté ; il se construit de l'intérieur, il ne peut pas, sans mauvaise foi, prétendre être déterminé à être ceci ou cela).

  On comprend, dans ces conditions, que la responsabilité d'être ce que l'on est ne soit pas toujours facile à assumer. La conscience de sa liberté se paye cher en angoisse et si l'on en croit Alain Ehrenberg en diverses pathologies.

  Ce sociologue situe dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le tournant historique ayant fait basculer les sociétés modernes de sociétés encore organisées par la discipline à des sociétés guidées par l'autonomie. La modernité est, en effet, un long processus se déployant sur plusieurs siècles et à des rythmes variables selon les lieux et les époques.

  Que signifie l'idée d'autonomie ? Que chacun est renvoyé à lui-même pour exercer la liberté de devenir ce qu'il est. Il n'y a presque plus, hors de lui, des cadres peut-être coercitifs mais structurants pour se construire. L'horizon est socialement ouvert pour décider d'assumer son sexe ou de le refuser, pour exercer tel ou tel métier, pour appartenir à tel groupe social ou non, pour suivre telle religion ou telle autre.  «  L'idéal est désormais de devenir l'entrepreneur de sa propre vie » (A. Ehrenberg). « L'individu souverain qui ne ressemble qu'à lui-même » (Nietzsche) qui fait de lui-même son totem est désormais une réalité sociale.

  Que cela n'aille pas de soi pour tous ceux qui sont  mal armés intellectuellement et moralement ou qui, pour diverses raisons tenant aux contingences de la nature et de l'histoire n'ont pas les moyens de leurs ambitions, on le comprend aisément.

  « Dans un style d'existence organisé par la discipline et l'interdiction, la question qui se posait à chacun était du type : que m'est-il permis de faire ? Quand la référence à l'autonomie et à l'action domine les esprits, quand elle s'est précisément instituée la question est désormais suis-je capable de le faire ? » (Ehrenberg)

  D'où de nouvelles pathologies et de nouveaux comportements révélateurs de ce nouveau régime de l'identité. Le recours au dopage pour augmenter ses performances, aux drogues pour combler le vide et l'insuffisance qui travaillent une liberté en mal d'elle-même. L'addiction à internet ; le recours aux réality show pour se sentir important en existant, fût-ce de manière éphémère dans le regard public ; le culte du moi qui est d'autant plus développé que celui-ci est mince sur le plan intellectuel et moral. Tout est bon pour masquer les impasses d'une liberté se donnant à elle-même le vertige.

  Car la grande pathologie de l'époque, analyse Alain Ehrenberg, face sombre de l'émancipation se décline comme pathologie de l'insuffisance. Le trouble psychique prend la forme de la dépression, dépression chronique dont «  le trait fondamental est moins la tristesse et la douleur morale que l'inhibition, qui devient le concept cardinal de la dépression. Celle-ci apparaît alors moins comme une passion triste que comme une action insuffisante. Elle tend vers l'apathie, l'absence d'action » (Ehrenberg)

  « Les psychanalystes notent un accroissement très net de patients dépressifs non névrosés, au cours des années 70. Ce sont moins les conflits du désir, qui sont en jeu, nous disent-ils que l'identité. Les patients manifestent à la fois une absence de limite de soi et un besoin d'être produisant une insécurité identitaire chronique. Les psychanalystes parlent de pathologies narcissiques : le sentiment de la perte de sa propre valeur envahit le patient. C'est la honte qui domine et non la culpabilité inconsciente. Les analystes mettent en relation ce sentiment avec la perte de légitimité des interdits qui pouvaient induire une culpabilité pathologique mais structuraient néanmoins la personne. La personne est dominée par un sentiment de vide et d'insuffisance telle qu'elle a des difficultés à supporter les frustrations. De là, sa tendance à rechercher des sensations avec la drogue, l'alcool, les tranquillisants, la boulimie, qui comblent le vide et abrasent les conflits ». Ehrenberg. Nervosité dans la civilisation.

  Au fond remarque encore notre auteur « enjoint d'être le sujet de lui-même, l'individu est, dans ce mouvement même, sujet à de multiples pathologies de lui-même se manifestant par une floraison de plaintes subjectives. Ce sont les deux faces de l'individualisme contemporain »

  NB : cf. Alain Ehrenberg : Le culte de la performance (1991) L'individu incertain (1995) La fatigue d'être soi- dépression et société (1998)

 

II)           Identité et modernité : l'identité comme problème social et politique.

 

   La modernité c'est aussi le mouvement, sans doute irréversible de la mondialisation, le fait que désormais nous sommes des habitants du village- monde et que la concurrence entre les individus ainsi que  les problèmes qu'ils ont à résoudre se jouent à une échelle sur laquelle ils ont le sentiment d'avoir perdu la maîtrise politique. De manière séculaire, en effet, les hommes ont vécu bien au chaud au sein de leur tribu, de leur groupe culturel, de leur nation et cette sécurité a rendu, par exemple, moins immédiatement problématique pour les Occidentaux, le processus d'émancipation individuelle propre à la modernité naissante. Ils ont été conduits à s'individualiser dans le cadre d'un phénomène progressif, relativement lent, la famille, l'école, les syndicats ou les partis politiques ayant accompagné ce processus en lui fournissant une assise collective.

   Mais ce qui caractérise aujourd'hui de nombreuses personnes, c'est le déracinement social et culturel. La misère, l'aspiration à la liberté les poussent à l'exil. Ils veulent avoir leur place dans l'espace occidental c'est-à-dire dans les sociétés ayant accompli un long travail historique d'émancipation de l'individu. Cependant pour beaucoup, ils n'ont pas les cadres mentaux (la formation intellectuelle, l'apprentissage de la liberté, la maîtrise de la langue du pays d'accueil) qui leur permettraient d'être subjectivement en résonance avec leur nouveau milieu social. Quand ce n'est pas une question d'équipement spirituel, leur difficulté à s'intégrer tient à leur sentiment de ne pas être accepté par le corps social qui est désormais le leur. Or, on ne devient pas une personne à part entière, sans se sentir reconnu par d'autres personnes. L'estime que tout individu doit se porter à lui-même pour affirmer son identité est tributaire du regard des autres. On comprend que là où cette reconnaissance, à tort ou à raison, semble faire défaut, la tendance d'un sujet soit de chercher à se confirmer lui-même parmi ceux qu'il vit comme « les siens ». D'où le repli préoccupant de certains de nos contemporains sur des identités communautaires.

  Ce pathos qui affecte les populations immigrées touche par contrecoup les populations autochtones. Celles-ci ont le sentiment de ne plus être chez elles dans leur propre pays, elles se sentent déstabilisées dans le sentiment de leur identité nationale. D'où, là aussi, une tendance à se crisper sur une identification à un groupe qui se pose en s'opposant, parfois dans la haine, à d'autres groupes vécus comme attentatoires à leur intégrité culturelle.

  Or, il est urgent de comprendre que, de part et d'autres, on a affaire à une stratégie d'esquive du nouveau régime de l'identité. Parce qu'enfin, la réalité historique dans laquelle nous vivons se caractérise précisément par l'effondrement objectif des anciennes communautés. Les communautés naturelles fondées sur les structurations religieuses et les liens du sang sont choses révolues, depuis très longtemps et de manière définitive. D'où le paradoxe : c'est au moment où les communautés ont cessé d'exister que certains ont, comme fonds de commerce, en réponse à la difficulté d'être d'un individu en charge de sa liberté, la revitalisation de ce qui est irréversiblement mort. Le problème c'est que ce mensonge est efficace dans la mesure où il flatte le besoin de sécurité de chacun, particulièrement de ceux qui sont les plus fragiles. Le succès actuel des replis communautaires en témoigne éloquemment. Et pourtant ces solutions ne sont que des impasses. Pour deux raisons au moins :

  La première tient au fait que ce qui est fondé sur le mensonge n'a aucune authenticité et se dévoilera nécessairement, un jour, comme tel aux yeux de ceux qui ont trouvé en lui une solution momentanée à leur quête d'eux-mêmes.

  La deuxième, infiniment plus importante dans la mesure où ses conséquences excèdent la sphère personnelle, tient au fait que les Etats républicains sont fondés sur une définition abstraite de la personne incompatible avec une définition réhabilitant la différence sexuelle ou la différence culturelle. Le citoyen est conçu comme un être de raison, dépouillé de ses attributs naturels (mâle eu femelle) et de ses enracinements culturels (chrétien, musulman, juif, athée, d'origine africaine, chinoise ou national de souche).

  C'est en tant que tel que l'homme institué par la République est appelé à instituer son lien avec les autres, chacun étant égal à chacun en dignité et en droit. La République exclut, de droit, une différenciation sexuelle ou communautaire de ses membres. Ce qui ne signifie pas qu'en fait, chacun n'ait pas la liberté de singulariser l'humanité qui le définit mais cela est une affaire privée non une affaire publique. C'est l'honneur des Etats républicains, au sens où la modernité l'entend, de fonder le lien social sur un présupposé laissant à chacun le droit d'être concrètement ce qu'il a choisi d'être. La contrepartie, nécessaire pour que personne ne menace cette liberté chez les autres c'est la laïcité, l'affirmation de la neutralité de l'Etat en matière religieuse et spirituelle. Laïcité ne veut pas dire neutralité puisque le choix de la neutralité est déjà une position de valeur mais sans cette neutralité, des hommes concrètement très différents (ce qui est de plus en plus le cas dans les Etats modernes multiethniques) ne pourraient pas vivre ensemble. Il s'ensuit que les replis communautaires sont lourds de menaces pour le maintien de l'idéal républicain or il n'est pas difficile de comprendre que cet idéal est le seul rempart contre la violence des sociétés modernes puisqu'elles ont cessé, de fait, d'être des communautés.

  « Ainsi que l'a bien vu Eric Hosbsbawn « le mot « communauté » n'a jamais été utilisé de manière aussi indifférente et aussi creuse que durant la période où les communautés, au sens sociologique du mot devenaient difficile à trouver ». Les hommes et les femmes recherchent des groupes auxquels appartenir assurément et pour toujours dans un monde où tout le reste bouge et change, où tout le reste est incertain. Jack Young réitère cette vue de manière succincte et poignante : « Alors même que la communauté s'effondre, l'identité est inventée ». L'attention que « cette identité » reçoit et les passions qu'elle engendre, elle le doit au fait qu'elle est un « substitut de communauté », un succédané de cette prétendue  « résidence naturelle » qui n'est plus possible dans un contexte de mondialisation rapide. Pour cette raison même, l'identité peut être librement imaginée comme un havre confortable de sécurité et de confiance. Pourtant, le paradoxe est que pour offrir ne serait-ce qu'un minimum de sécurité et jouer ainsi son rôle guérisseur, l'identité doit donner une fausse idée de son origine, elle doit nier le fait qu'elle n'est qu'un succédané, et plus encore faire surgir le fantôme de cette communauté qu'elle est venue remplacer. L'identité pousse sur la tombe des communautés et fleurit comme promesse de ressusciter les morts » ....... « Cette quête est un effet secondaire et dérivé de l'association de la mondialisation avec les pressions individuelles et les tensions qu'elle produit » Zygmut Bauman. Identité et mondialisation. 2002 (conférence)

 

 Conclusion générale :

 

    Difficile identité dès lors qu'elle se revendique personnelle...

  Celle-ci met en jeu de nombreux supports identitaires : un corps avec sa signature génétique ; un groupe culturel et politique d'appartenance, une histoire personnelle et collective, un rôle social etc. mais aucun support n'est suffisant pour fonder une identité personnelle.

  C'est que celle-ci est une synthèse de l'hétérogène, indéfiniment remaniée de l'intérieur par un sujet n'ayant d'unicité que d'être libre, de dignité que de se porter subjectivement à cette exigence mais qui, en charge de lui-même, ne peut échapper à l'angoisse de sa responsabilité.

  Ce qui nous invite à dénoncer comme stratégie de mauvaise foi toute tentative d'échapper à cette responsabilité en engluant sa liberté dans ce qui la caricature ou pire, dans ce qui l'anéantit.

Partager :

Pin It! Share on Google+ Share on LinkedIn

7 Réponses à “Identité: II) le problème psychologique et social.”

  1. Octave dit :

    Bonjour.

    Pouvez-vous, s’il vous plaît, m’indiquer les paragraphes des citations tirées des Principes de la philosophie du droit de Hegel ?

    Je trouve votre analyse brillante, mais je ne peux m’empêcher de vous demander s’il ne subsiste pas, d’une certaine manière, -et non pas avec les communautés identitaires refermées sur elles-mêmes- une forme de conscience collective ? Au fond, n’est-ce pas toujours « l’être social qui détermine la conscience » ? Existe-t-il sur votre site un article qui croise la notion de conscience à celle de collectivité ou de communauté à l’instar dont Durkheim a élaboré le concept de « conscience collective » (ou bien un article qui s’en approcherait…) ?

    Merci d’avance.

  2. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La référence de la philosophie du droit: §124
    Pour ce qui est de votre perplexité, mon analyse ne sous-estime pas la réalité des divers supports identitaires parmi lesquels il faut compter l’appartenance sociale ou culturelle.
    Quant à parler avec Marx de déterminisme radical de la conscience par la société, c’est une autre histoire. La capacité de la conscience à critiquer les valeurs sociales et à viser un horizon d’universalité (Philosophie#idéologie; morale#moeurs), la capacité pour une culture de s’autocritiquer (Cf. la culture européenne. Voyez les articles composant le chapitre XXII sur l’Europe) témoignent des limites de cette thèse.
    De nombreux articles la rencontrent mais aucun ne s’y limite.
    Voyez la table des matières.
    Bien à vous.

  3. Octave dit :

    Bonjour.

    Je vous remercie pour la réponse. Si ça ne vous ennuie pas de la chercher, pouvez-vous m’indiquer la référence précise du passage de Benveniste ?

    Amicalement.

  4. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il ne faut pas attendre des autres qu’ils fassent le travail à votre place. Un cours ne dispense pas de lire les textes des auteurs (et pas seulement des citations). Sa fonction est plutôt d’y inviter.
    Souvenez-vous que la vraie culture suppose toujours de remonter à la source afin « de boire dans le creux de sa main » ainsi que le disait Alain.
    Bien à vous.

  5. Christophe dit :

    Bonjour,

    Encore une fois, vos textes obligent à l’humilité, à prendre conscience de mes manques et de mes faiblesses, à mieux me connaitre et donc à mieux me vivre, et en cela je vous adresse toute ma sympathie 😉

    Dans votre conclusion, vous parlez de liberté et de dignité pour tenter de définir l’identité personnelle. Et j’en conviens, je trouve cela vrai sans pouvoir vraiment l’expliquer.

    J’aimerai néanmoins enrichir votre pertinente analyse en induisant une voie d’exploration un peu plus intime qui me semble complémentaire, quoique peut-être un peu réductrice et radicale:

    L’essence de l’identité personelle, ne serais-ce pas juste une forme de style, une manière d’exister, une façon à soi de satisfaire des besoins et d’exprimer des désirs? Et la conscience de sa liberté, ne serait-ce pas avant tout une « fonction » de la conscience qui nourrit plus le vivre que l’idée de soi?

    Je vous rejoins sur l’importance de la langue et du vocabulaire sur la manière de nous vivre mentalement. L’héritage de mots et de certaines formes d’images mentales nous conditionne, et en cela, l’identité : ne serait-ce pas un mot un peu trop « carré » et précis pour définir cette tension qui se trouve quelque part où la conscience de mon histoire et de ma condition se mélange au désir incoercible de m’exprimer et de m’affirmer ? A cet endroit précis où surgit et se développe le style et la manière dans la conscience de soi et des autres?

  6. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Votre idée d’un style propre à la personne renvoie à ce que Montaigne appelait la maîtresse forme. Cf. la conclusion de cet article: http://www.philolog.fr/peut-on-ne-pas-etre-soi-meme/
    Ce n’est pas un argument pour réifier la liberté dans une fonction ou pour essentialiser l’identité.
    Les analyses ont eu vocation à établir que la liberté est par principe négation de tout ce qui la nie en l’engluant dans un substrat, que l’identité est aussi inassignable que le moi (Cf. Pascal) parce que comme la liberté, elle échappe à la réification.
    Bien à vous.

  7. Christophe dit :

    Merci pour votre réponse,

    Vous avez raison, je me précipite toujours un peu trop vite dans le concret.

    Bien à vous

Laisser un commentaire