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38 Réponses à “Idée de justice.”

  1. Fatma dit :

    Bonjour Simone,

    Juste un petit mot pour te féliciter pour ce blog exigeant et extrêmement riche.
    Cordialement.
    Fatma

  2. Simone MANON dit :

    Merci Fatma. Je suis particulièrement sensible à l’appréciation d’un jeune professeur de ta qualité.

  3. Chtiwill dit :

    Bonjour madame Manon, je retrouve mes jeunes années de Philo, avec les sens critiques attachés aux mots composant les formules…Aristote & Platon… et que Nihil novi sub sole, les questions de société étaient les mêmes, et vous les posez de manière trés intéressante. Vos élèves doivent se régaler.
    J’ai 59 ans, je suis chef d’entreprise,avec plusieurs sites de tailles différentes, vos concepts sur la justice et vos propos sont d’une rare acuité et justesse.Bravo.
    Je met ce blog dans mes favoris, et en cas de besoin de retrouver des valeurs saines de raisonnement , je saurai où puiser.Salutations cordiales

  4. Simone MANON dit :

    Merci infiniment monsieur. Je sors de conseils de classe où s’est dit le découragement de professeurs confrontés à des élèves qui « ne se régalent pas du tout » parce que la réflexion est le cadet de leurs soucis. Je crois bien que j’avais besoin de lire un message si sympathique. Pour l’opportunité psychologique de ce clin d’oeil, merci encore.

  5. Julien BLANC dit :

    Bonjour,

    Redevenu étudiant pour le plaisir et pour des évolutions professionnelles futures, j’étudie en Master des Droits de l’Homme.

    J’apprécie vos pages, simples, claires et intelligentes, face aux complexités du système Rawlien et à la nécessité d’appréhender philosophiquement la portée des évolutions sociales et juridiques.

    Je réalise mieux le potentiel philosophique de « changement social » et les potentiels utilisations de ces notions qui peuvent sous tendre les évolutions du législateur et du juge en matière de Droits de l’Homme et de démocratie.

    Je met votre site parmi mes favoris et prendrait le temps d’y revenir souvent. Le site de Marcel Gauchet a l’air également fameux.

    Merci encore donc 😉

  6. linda dit :

    tout simplement Bravo!!!!

  7. Adrien dit :

    Bonjour Madame.Je vous remercie enormement pour l article et pour le site. Mais il y a une question a laquelle je n ai pas pu repondre. Pourquoi le principe de l egalite des chances est si problematique? Puisque l education est accessible a tous, alors le principe du merite ne serait il pas a son tour justifie? Merci

  8. Simone MANON dit :

    Ce qui est vrai en théorie ne l’est pas nécessairement en pratique. Les chances ne sont pas égales dans les conditions concrètes d’existence. Tout le monde ne naît pas avec les mêmes possibilités, dans des contextes familiaux identiques ou dans des sociétés offrant les mêmes chances d’accomplissement. La personne n’en est pas responsable. En ce sens l’idée de mérite est problématique.

  9. stephane dit :

    Je dirais même plus, que le principe de l’égalité des chances n’existe même pas en théorie, c’est un idéal, qui malheureusement ne sera jamais atteint, et telle est le problème aujourd’hui pour la justice qui est à l’image de l’homme imparfaite, Si seulement Dieu pouvait décider du sort des hommes à lui tout seul, il est quand même à l »origine de leur existence. pour en revenir a notre principe d’égalité des chances. Cet idéal ne sera jamais atteint tout simplement parce qu’elle n’émane pas de la volonté du seigneur mais de celle de simple hommes qui ont voulu inculquer ce principe a des nation à travers un traité officialisé par ces même hommes. Les hommes ont désormais cette manie affligeante de cracher sur l’église et la religion, ce qui est abjecte, et le Seigneur ne voudra pas leur pardonner, Car s’il y a une chose qu’il n’accepte pas c’est le reniement qui est injurieux à son égard, Tel est mon avis de chrétien pratiquant, j’espère que vous me laisserez exprimer mon avis, car Nous sommes dans un pays ou règne la liberté d’expression et la liberté d’opinion. Votre bog est très riche en informations mais a mon opinion votre quête de vérité et de la sagesse est encore loin, écoutez la voie divine.

  10. Simone MANON dit :

    Nous sommes en effet dans un pays protégeant la liberté d’opinion mais opiner n’est pas penser. Il faut apprendre à penser, ne serait-ce que pour comprendre que le pire ennemi de l’esprit n’est pas le doute mais la certitude. La philosophie permet de sortir du dogmatisme avec lequel vous ne semblez pas avoir rompu.
    Je vous souhaite cette salutaire liberté.

  11. stephane dit :

    vous pouvez penser ce que vous voulez, comme j’ai le droit de penser ce que je veux, mais les fait sont là, Jésus le christ a bel et bien existé, l’histoire l’a prouvé, s’il a bel et bien existé, alors son père Le seigneur est forcément bel et bien réel, ma certitude s’appuie aussi sur la quête de vérité mais la voie divine est la voie que j’ai choisi tel a été mon choix et je dois être redevable à Dieu toute ma vie, car il m’a crée et ils voient ses fils le renier, la fidélité et la foie guident mon chemin vers la sagesse, je ne cherche à convertir personne, mais si je suis dogmatique, c’est à dire pratiquant d’un dogme alors j’en suis bel et bien fier, car pour moi la quête de la vérité se trouve par la foie et par le biais de la voie divine. Je suis fier d’avoir un église qui nourrit les pauvres, qui aide les personne en difficulté, mon église aide les plus malheureux, elle s’appuie sur des principes de solidarité, d’entraide, d’amour ce qui est à mes yeux sont plus important qu’une imaginaire quête de la sagesse, qui cherche a comprendre les hommes, leurs geste, le monde par le biais d’écrits et d’institutions, que les hommes imparfaits dirigent, ou encaissent, Que fait votre église ? C’est vrai vous n’en avez pas, Dieu les préserve saura t’il les pardonner ? Je suis enfermé dans un dogmatisme, mais le mien est le bon, il ne m’autorise pas toute les liberté mais il me vaudra sûrement le salut éternel, et la vie après la mort, alors que le votre ne vous apportera aucun salut car il est à mon opinion injurieux envers le tout puissant, le créateur du ciel et de la terre

  12. Simone MANON dit :

    On se demande dans ces conditions ce que vous venez faire sur un blog de philosophie. Jusqu’à preuve du contraire personne ne vous y contraint. A moins que Dieu ne vous en ait adressé la requête! Ce qui ne serait guère compatible avec la sagesse divine ….

  13. Ching Lie dit :

    Bonsoir Madame,
    Elève de terminale cotoyant régulièrement votre site aussi clair qu’intéressant, je me permet de vous adresser ce mail de remerciement. Quelle culture m’a – t-il apporté!
    En outre, je souhaiterai vous adresser mes doutes au sujet de ma dissertation :  » Peut-on s’entendre sur la justice?  » Dans un premier temps je pensais organiser mon plan en trois parties: la première traitant du droit naturel et du droit positif, la seconde de la justice commutative et de la justice distributive, et la dernière répondant à ma problématique par la transcendance de la justice selon le jusnaturalisme. Ensuite en consulatant vos cours, je me suis rendu compte qu’il serait peut-être judicieux de faire appariatre la distinction entre la morale et le droit. Dans ce cas mon plan s’organiserait en quatre parties (est-ce possible?): la première analysant cette distinction, la seconde s’interrogerait sur la manière d’articuler le droit positif et le droit naturel, la troisième sur la justice commutative et la justice distributive et enfin la dernière résolvant le problème de la partie précédente par la valeur de l’équité. Mais dans ces deux plans que je vous propose, je pense que le problème réside dans le fait qu’il ne suivent pas un raisonnement philosophique. En effet comment justifier la transition des deux natures du droit aux deux manières d’appliquer la justice (commutative ou distributive) ? En dernier lieu, je pensais qu’il fallait plutôt que je conserve un plan en trois parties, quitte à ne pas traiter le problème de l’hétérogénéité de la morale et du droit, mais à le faire suivant un raisonnement plus philosophique. C’est-à-dire que ma première partie consisterait à aborder dans une première sous-partie les notions de droits naturel et positif, puis dans une seconde sous-partie celles de la justice distributive et commutative ; ensuite ma seconde partie déplacerait le problème en s’interrogeant d’abord sur les liens de la légitimité et de la légalité, puis sur le problème des critères du mérite pour établir l’égalité. Enfin ma dernière partie penserait les relations des droits naturel et positif suivant le fondement du droit positif par le droit naturel (mais est-ce juste de penser ainsi, si je puis m’exprimer en ces termes?), et que la justice serait plutôt une question d’équité. Ainsi, je ne sais trop comment organiser ma dissertation … je pencherais plutôt pour la dernière solution. D’autre part est-il impératif de traiter la distinsction entre les droits naturels et positif, ou vous semble-t-il que d’autres points seraient tout aussi importants?
    Je vous remercie de nous donner cette possibilité de vous faire part de nos interrogations.
    Bonne soirée.

  14. Simone MANON dit :

    J’ai comme principe de ne pas intervenir dans le travail des élèves. Néanmoins je vais faire une exception car il me semble que vous comprenez mal votre énoncé de dissertation. Le problème ne porte pas sur la distinction du droit et de la morale ou du droit positif et du droit naturel même si l’analyse doit vous conduire à la rencontrer. Il porte sur « peut-on s’entendre ».
    La question est de savoir si les hommes peuvent réaliser des accords communs sur l’idée de justice, si en cette matière il et possible de surmonter le différend ou le conflit des opinions ou si celui-ci est irréductible.
    Il faut donc expliciter ce qui est au principe de ce différend (voyez: pourquoi le légal n’est-il pas toujours le juste) et explorer les voies permettant de le surmonter. Vous pouvez consulter avec intérêt les cours intitulés: la guerre des dieux ou l’unité et la paix par le logos et la théorie de la justice selon Rawls sur ce blog. Vous reporter aussi au texte de St Augustin auquel un lien renvoie au début du cours précédent.
    Bon courage.

  15. Ching Lie dit :

    Je vous remercie de m’avoir réorienter ! En effet, je rencontrai un problème pour conclure mon cheminement. Je comprends maintenant mieux comment organiser ma dissertation!
    Merci encore.
    Bonne journée.

  16. lionel dit :

    L’exposé est clair et très pédagogique.

    Une chose me gêne cependant : c’est cet « idéal de la raison », opposé à « l’idéal du coeur », qui définirait la justice et dont vous parlez au début !
    Vous citez vous-même Pascal ailleurs (qui ne croyait pas en la justice humaine : « la justice est ce qui est établi »), or pour lui le « coeur » est bien cette raison intuitive (ce noûs, ou cet « intellect » au sens antique du terme) qui ne s’oppose pas tant à la « raison raisonnante » qu’elle ne la « comprend » (au sens étymologique), et la dépasse.
    La justice s’expérimente, dans un premier temps, non pas rationnellement, mais dans l’expérience (toujours cruelle) de l’injustice vécue ! Ce « sentiment » éprouvé ne contredit donc pas la « rationnalité » de la justice, mais la révèle au contraire dans toute son exigence, comme une intuition : « le coeur a ses raisons… »
    La justice ne s’appréhende donc pas d’abord « mathématiquement », sous la forme d’un calcul (« rendre à chacun… »), mais « moralement » : si je rends à chacun…, si je le défends, c’est d’abord que je le considère comme une fin ! Si la raison est donc « le temple » de la justice, il s’agit bien de la raison pratique, celle qui est à l’écoute de la Loi morale pour laquelle elle éprouve du respect, et non de la raison pure qui traite des mathématiques !
    La (froide) mathématique de la justice, celle qui définit la sphère de la légalité, du droit positif, des tribunaux, me semble donc intervenir dans un second temps, après « cette brûlure et cet effort sur soi-même » dont parle Camus et qui donne vie à la Justice comme vertu, comme attention portée à l’autre « absolument », indépendamment de sa relation sociale à autrui, et contre mon égoïsme naturel (mon « insociable sociabilité ») : je veux être juste avec lui, et étant juste avec lui, je dois l’être avec l’autre, doté de raison ou non, puisque ce qui est raisonnable doit user avec raison de ce qui n’en a pas… Evidemment, dans cette conception que j’appellerais « absolue » ou « idéale » (et non « sociale », « politique » ou « mathématique ») de la justice, le « légitime » prime sur le « légal » et sur « l’égal » : même si je ne peux rendre justice à tout le monde, je dois rendre justice à Paul par rapport à des valeurs en soi, de respect, d’honnêteté etc. ! C’est toute la différence avec une conception plus archaïque et « tribale » de la justice, où je rends justice à autrui (qui n’existe pas en tant qu’individu) en fonction de ce que je dois au groupe (pour sa survie), même si évidemment la dimension « sociale » de la justice « absolue » ne peut jamais être ignorée… mais elle n’est plus première : cette justice peut même se rendre contre le groupe injuste !

    Mais tout ceci n’est pas très aristotélicien… ni vraiment kantien d’ailleurs, et demande peut-être plus d’approfondissement et d’éclaircissement !

  17. Simone MANON dit :

    Ces précisions sont belles et justes et je vous remercie d’enrichir ainsi ce cours.
    Mais je maintiens la différence entre l’exigence de la raison et sa rigueur, souvent bien dure pour ceux qui s’exposent à en subir la loi (pensons à la justice corrective) et celle du coeur. Il faut bien distinguer la justice et la charité, la justice et le pardon. Les analyses de Lévinas sont ici précieuses.
    Il me semble donc que vos remarques confondent la justice comme vertu morale et la justice comme vertu sociale.

  18. kone dit :

    c’est toujours un plaisir pour moi de vous lire.
    je retrouve enfin le prof de philo dont j’ai toujours revé.
    la simplicité, la justesse des mots que vous choisissez me fascinent.
    merci pour tout ce que vous m’avez apporté.
    vous m’enrichissez chaque jour un peu plus.
    et je vous en suis reconnaissant.

  19. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.

  20. Marie PHILIPPE dit :

    Mme MANON,
    C’est avec un grand intérêt que j’ai lu les nombreux cours que vous avez postés sur ce merveilleux blog. Grâce à vous, j’ai redécouvert mes cours de Philosophie qui restaient pour moi, jusque ici, rébarbatif.
    Je suis actuellement en Terminale S, et je songe grandement à prendre cette matière pour l’Oral de Rattrapage.
    Ma lecture suivie concerne la « Lettre à Ménécée » d’Epicure. Ne pouvant laisser de commentaires sur le cours que vous avez rédigé (je ne sais pas pourquoi), j’ai décidé de le laisser ici.
    Votre commentaire appuie fortement sur la vie d’Epicure, son contexte philosophique, ses contemporains…Vous y consacrez même une partie entière. Je voulais savoir si, lors de l’Oral de Philosophie, je devais autant appuyer sur la vie d’Epicure et ses contemporains. En effet, ne disposant que de 10 minutes d’exposé, cela me semble un peu court pour autant préciser la vie d’Epicure, sachant que sa lettre est déjà assez longue. Ne dois-je pas seulement parler d’Epicure lui-même dans l’introduction de mon exposé ? Bien sûr, je pourrais parler de lui au cours de mon développement, si cela est justifié…
    Merci beaucoup de vos réponses!

  21. Simone MANON dit :

    Il est bien tôt pour parler d’oral. Vous ne pouvez pas savoir, avant les résultats de l’écrit, quelle est la discipline qui vous permettra de récupérer les points manquants.
    Cela dit vous n’aurez pas l’ensemble de la lettre à expliquer. Le professeur vous indiquera un passage précis et c’est ce texte dont vous aurez à déployer les significations. Les indications concernant l’auteur, son époque doivent être connues, pour répondre à certaines questions mais ce n’est pas l’essentiel.
    Tous mes voeux de réussite.

  22. Thomas dit :

    Bonsoir,
    Ne peut-on pas aller jusqu’à dire que la justice commutative est une illusion dans la mesure où elle entend donner à chacun la même chose ? Prenons l’exemple de deux familles qui touchent des aides de l’État, l’une qui compte trois membres dont un non citoyen (mineur) (A), l’autre qui en compte six (B), dont quatre non citoyens (parents et enfants). Dans la mesure où le couple responsable doit (au nom de la loi) maintenir et donc dans une certaine mesure, partager la somme attribuée avec ses enfants, donner x montant à A correspond !en fait! à lui donner grosso modo x/2 montant ; ≈ x/5 montant à B. De fait, l’égalité commutative ne l’est pas, puisque la loi oblige les parents à maintenir leurs enfants… ?

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Attention Thomas à la confusion. On ne peut pas prendre pour discuter le principe de la justice commutative, un exemple qui relève de la justice distributive.
    Bien à vous.

  24. Mathilde dit :

    Bonsoir, tout d’abord merci beaucoup pour vos cours qui sont bien les meilleurs que j’ai pu trouver 🙂 Je tenais à signaler une petite faute de frappe qui peut porter à confusion: la citation de Tocqueville sur la passion pour l’égalité qui « réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’INégalité dans la liberté » (au lieu de « égalité » dans la liberté).
    Bien à vous

  25. Mathilde dit :

    Et j’ai une question: je ne comprends pas très bien les liens que l’on peut établir entre l’idée de despotisme démocratique de Tocqueville et la notion de justice ? Est ce que cela signifie seulement que pour l’homme démocratique la justice ce ne se fonde pas sur la liberté individuelle mais sur l’égalité ? Enfin, cette tendance démocratique a-t-elle des répercussions sur notre système judiciaire ? et peut-on l’observer dans notre société d’aujourd’hui ?
    Merci d’avance pour vos réponses

  26. Simone MANON dit :

    Bonjour Mathilde
    Merci pour ce sympathique commentaire et la vigilance de votre lecture me permettant de corriger une erreur d’inattention.
    Pour ce qui est de votre question, on peut dire:
    – D’une part qu’un système despotique est par principe injuste dans la mesure où il est attentatoire aux droits fondamentaux de la personne, le respect de la liberté étant un de ces principes (voilà pourquoi Rawls en fait un principe prioritaire). http://www.philolog.fr/une-theorie-moderne-de-la-justice-john-rawls/
    – D’autre part que la passion égalitariste est une menace pour la liberté (puisqu’en la laissant jouer, elle est coûteuse pour certains). En ce sens, les affects de l’homme démocratique le conduisent à préférer, selon l’analyse de Tocqueville,  » l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté ».
    Tocqueville souligne en effet que l’attachement à la liberté a une dimension aristocratique. Or l’homme démocratique semble moins jaloux de sa liberté-indépendance (avec le prix à payer en termes de responsabilité et de difficultés à assurer par ses propres forces ses moyens d’existence) que soucieux d’être déchargé de « la peine de vivre et de penser » par un pouvoir tutélaire. http://www.philolog.fr/reflexions-sur-la-liberte-au-sens-politique/
    Il va de soi que les décisions prises par la souveraineté politique se traduisent dans le système judiciaire, le rayon d’exercice effectif de la liberté, dans quelque domaine que ce soit, devenant de plus en plus limité du fait d’un encadrement juridique pléthorique.
    Ex: limitation de la liberté d’expression sous la menace du politiquement correct.
    Limitation de la liberté économique sous prétexte de motifs rationnellement fondés (protection de la liberté des uns et des autres) ou non (protection des incompétents).
    Bien à vous.

  27. Bonjour madame, ce n’est qu’hier que j’ai découvert votre Site. Et je vous remercie beaucoup pour cet exposé clair et facile à permettre mieux la compréhension de certaines notions telles que celle de la justice.

  28. ROGERS dit :

    Bonjour Madame Manon!
    En lisant votre conclusion, je me demande si vous avez vu, et surtout si vous vous en souvenez bien, ce film magnifique, « 12 hommes en colère »; j ‘ai traité en parallèle les deux notions de Justice et de Vérité avec mes élèves, avec, en point de mire, l’affirmation de Pascal. Il me semble que le film rend compte de la laborieuse mise en place des conditions d ‘un jugement authentique et autonome qui suppose, de la part du sujet qui a à juger, une véritable conversion, une décision, pour bien penser, de penser contre lui-même, pour paraphraser Alain. Il s’agit de « travailler » à bien penser, et non pas d’en rester à l’idée que ce que nous « pensons » spontanément, pour la seule raison que nous le « pensons », serait valable. L’exigence de vérité, aussi bien que celle de justice, réfèrent à un horizon d’universalité qui à la fois nous transcende et nous convoque à une opération de décentrement qui fait notre dignité de sujet, pour peu que nous le voulions.
    Olivier ROGERS

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Non, je ne me souviens pas d’avoir vu ce film.
    Pour la question de jugement, l’analyse de Kant est lumineuse. http://www.philolog.fr/le-jugement-est-un-don-particulier-qui-ne-peut-pas-du-tout-etre-appris-mais-seulement-exerce-kant/
    Bien à vous.

  30. […] » Idée de justice. La justice est la valeur de la sphère politique et juridique comme la vérité est la valeur de la connaissance. […]

  31. Yann dit :

    Bonsoir, Madame,
    Je lis régulièrement votre blog avec un intérêt sans cesse croissant et je tiens à vous féliciter pour votre investissement, votre courage et votre justesse d’esprit…
    Une question (d’ordre privé et qui n’a rien à voir avec votre travail) me taraude par ailleurs: avez-vous des enfants? Et si oui, parvenez-vous à leur faire prendre goût à la philosophie, à développer leur esprit critique, etc.?
    Bien cordialement

  32. Yann dit :

    P. S. : Si ma question vous semble sotte et/ou déplacée, n’hésitez pas à me le dire franchement.
    Je vous présente mes excuses d’avance…

  33. Simone MANON dit :

    Bonjour Monsieur
    Merci pour votre sympathique message.
    Votre question n’est pas déplacée et je n’ai pas de scrupule à vous répondre.
    Mes enfants sont grands maintenant. Ils ne sont pas des philosophes mais je trouve qu’ils font preuve de belles qualités de réflexion lorsque nous dialoguons. Ils n’ont malheureusement pas le temps de lire comme je le souhaiterais mais ils ont l’avantage sur moi d’être aux prises avec la vie active concrète. Je veux signifier par là que les problèmes qu’ils rencontrent sont moins théoriques que ceux d’un professeur de philosophie. Ils se heurtent à des faits, des personnes plus résistants que des mots. Ils sont moins au chaud que moi dans ma bibliothèque…Cela leur permet d’être plus en phase avec le monde dans lequel ils vivent que moi. En ce qui me concerne, je dois avouer que je le comprends de moins en moins.
    Bien à vous.

  34. Yann dit :

    Merci pour votre message en retour.
    C’est très gentil de votre part d’avoir pris le temps de me répondre.
    Bien cordialement.

  35. louis Marie Bernard dit :

    Une saine lecture dans le texte (Ethique à Nicomaque,livre V et Politique III) et la « contemporanité  » d’Aristote par Crystal Cordell. http://www.droitphilosophie.com/upload/files/pdf/14107926091Villey_1a266Cordell.pdf
    Le juste politique,le juste juridique,la loi sa lettre et son esprit,l’équité,… la séparation des pouvoirs législatif et juridique.

  36. Pierre dit :

    Bonsoir Madame,

    Merci pour cet article éclairant.
    Certaines questions demeurent néanmoins pour moi lorsque l’on rapporte ces deux concepts de justice aux démocraties modernes.
    Traditionnellement, si j’ai bien saisi le sens de ces notions (ce qui n’est peut-être pas le cas), la France serait plus dans l’esprit de la justice commutative. Pourtant la révolution ne nie pas les différences de statut entre les hommes (ce qui est même évoqué dans la DDH de 1789).
    La France corrige pourtant les inégalités, notamment avec un système social plus protecteur que les pays anglo-saxons. Cependant, elle pratique avec plus de réticence la discrimination positive que ces derniers. Mais les aides sociales et la discrimination positive ne relèvent-elles pas du même principe de justice?

    Enfin, ma dernière question concerne les domaines de l’équité et de l’égalité. J’ai lu dans un cours que les pays anglo-saxons étaient plus favorables au premier principe et la France au second. Encore une fois, si l’on en entend l’équité comme un principe qui conduit à corriger les inégalités que subissent les personnes défavorisées, le système social français ne serait-il pas plus équitable que ces homologues d’outre Manche et d’outre Atlantique?

    Merci d’éclairer ma lanterne.

    Cordialement.

  37. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Comme les autres démocraties occidentales, le système juridique français repose sur les deux principes de justice. La justice commutative dans son domaine (politique), la justice distributive pour ce qui concerne la distribution des pouvoirs, des honneurs et des richesses. Votre première affirmation n’est donc pas fondée.
    L’Etat Providence vise à corriger les inégalités qui ne sont pas nécessairement des injustices, à opérer des transferts de revenus afin d’empêcher que les écarts se creusent trop entre membres d’une même collectivité. http://www.philolog.fr/larticulation-du-societal-et-de-letatique/
    La discrimination positive pose un problème de principe dans la mesure où elle remet en cause la principe de l’égalité en droit des personnes. Les aides sociales sont donc une chose, la discrimination positive une autre.
    http://www.philolog.fr/justice-et-charite-justice-et-equite-droit-et-devoir/
    http://www.philolog.fr/une-theorie-moderne-de-la-justice-john-rawls/
    Je ne crois pas qu’il y ait grand sens à établir des distinctions aussi générales et creuses entre des systèmes politiques et sociaux. Permettez-moi donc de ne pas rebondir sur vos derniers propos.
    Bien à vous.

  38. Pierre dit :

    Merci Madame pour ces explications.
    Cordialement

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