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 «  La doctrine du plaisir doit au Stagirite un progrès capital qui tient à la proposition suivante : toute activité conforme à la nature humaine étant nécessairement accompagnée de plaisir, la valeur de nos plaisirs a pour mesure immédiate la valeur même de nos activités. Cette formule se rattache à tout l’ensemble d’un système : c’est ce qui en constitue la force et l’intérêt.

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   Pour bien comprendre la doctrine aristotélicienne du plaisir, il convient d’avoir une idée de son éthique.

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  Il suffit de lire les Ethiques aristotéliciennes (Ethique à Eudème et Ethique à Nicomaque) pour prendre la mesure de la vivacité des débats dont la question du plaisir est l’objet chez les Anciens.

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   « L’excès et la passivité sont, pour un homme, les deux formes majeures de l’immoralité dans la pratique des aphrodisia.

 

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« Allons nous asseoir à l’ombre, dit Lord Henry. Parker a apporté les boissons, et si vous restez plus longtemps dans cette lumière éblouissante, vous allez être tout abîmé, et Basil ne fera plus jamais votre portrait. Il ne faut surtout pas laisser votre teint se hâler. Ce serait peu seyant.

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L’article précédent suppose la lecture de ce texte du Philèbe et appelle certains approfondissements. En effet, il n’y a pas de maîtrise possible de la pensée d’un auteur sans une lecture attentive de ses textes et une certaine manière d’être familiarisé avec lui. Inutile de souligner que cela requiert du temps. La philosophie exclut la précipitation et l’art de jongler avec les thèses d’auteurs comme s’il était possible de rendre justice à la profondeur de leur pensée en la survolant. Voilà pourquoi, j’invite à méditer ce passage et à en préciser les significations.

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   La critique platonicienne de l’idée selon laquelle le plaisir se définit négativement comme absence de douleur n’est pas ce que la doxa retient le plus de Platon tant la fable du Phédon entretient les malentendus. On sait qu’au début du dialogue éponyme, Phédon nous fait revivre les derniers moments de Socrate. Le bateau étant rentré de Délos, la sentence condamnant Socrate à boire la ciguë peut être exécutée. Les amis du Maître se rendent alors de bon matin à la prison et  trouvent les Onze en train de le libérer de ses chaînes et de lui annoncer sa mort imminente. La scène suivante se passe alors :

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   De nombreux dialogues nous donnent des indications sur la conception platonicienne du plaisir mais à défaut d’avoir le temps de lire l’œuvre complète, il convient de connaître les analyses du Gorgias, de la République et du Philèbe sans oublier la fable du début du Phédon.

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« Le plaisir tel que l’entend Epicure est appelé le plaisir constitutif, hêdonê katastematikè. Le mot katastéma paraît correspondre dans le système d’Epicure au terme sustêma employé de préférence par les stoïciens. Tandis que ce dernier terme désigne surtout l’ensemble des parties qui constituent un être vivant, le concours des éléments multiples vers une fin unique, le mot katastéma exprime plutôt l’état définitif, stable et permanent, au moins pendant une certaine durée, de l’organisme vivant. Il est sans doute permis de rapprocher de cette expression les formules que nous rencontrons aussi dans les textes authentiques, telles que eustathes katastéma tês sarkos (Us., 68), ou encore eustatheia.  En dernière analyse, c’est l’équilibre des différentes parties du corps vivant, cet équilibre qui constitue la santé, ugieia (Diog., X, 131), terme aussi employé par les Épicuriens, qui est la condition immédiate du plaisir constitutif. Le plaisir se produit naturellement et de lui-même lorsque par le jeu naturel des organes, l’équilibre physiologique est établi dans un être vivant.

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  L’hédonisme d’Aristippe n’a pas bonne réputation. Il a souvent été jugé sévèrement. C’est qu’on ne pardonne guère à un philosophe de butiner les plaisirs de la vie en fréquentant les courtisanes et en profitant des largesses d’un tyran. Or Aristippe fréquentait Denys de Syracuse et vécut avec la courtisane Laïs. Ses réparties sont célèbres. A Denys qui lui demandait pourquoi les philosophes viennent aux portes des riches, alors que les riches ne viennent pas à celles des philosophes, il répondit : «  Parce que les uns savent ce dont ils ont besoin, tandis que les autres ne le savent point ». Et à ceux qui lui reprochaient de coucher avec une courtisane, il disait : « Je possède Laïs, mais je ne suis pas possédé par elle. Car c’est de maîtriser les plaisirs et de ne pas être subjugué par eux qui est le comble de la vertu, non point de s’en abstenir ».

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