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  S’aimer librement, ne plus être asservi aux codes sociaux, être le maître de sa vie. Ce qui fut le rêve de nos aînés est aujourd’hui une réalité pour beaucoup. Et pourtant la liberté se concilie-t-elle si aisément avec l’amour? L’intérêt de ce texte est de pointer les apories de l’amour libre. D’une part l’amour implique la dépendance, les délices de l’abandon, d’autre part  l’exigence d’autonomie inhérente à la liberté suppose l’indépendance de celui qui veut rester souverain, ouvert aux occasions, maître de ses engagements. «Si la volupté de l’amour est de ne plus s’appartenir, la volupté du moi est de ne jamais s’abandonner. » Le paradoxe amoureux se noue autour de cette contradiction.   

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   «En quoi donc consiste la sagesse humaine ou la route du vrai bonheur ? Ce n’est pas précisément à diminuer nos désirs ; car s’ils étaient au-dessous de notre puissance, une partie de nos facultés resterait oisive, et nous ne jouirions pas de tout notre être. Ce n’est pas non plus à étendre nos facultés, car si nos désirs s’étendaient à la fois en plus grand rapport, nous n’en deviendrions que plus misérables : mais c’est à diminuer l’excès des désirs sur les facultés, et à mettre en égalité parfaite la puissance et la volonté. C’est alors seulement que toutes les forces étant en action l’âme cependant restera paisible, et que l’homme se trouvera bien ordonné.

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    Quel est le désir humain fondamental ? Etre heureux sans doute mais comment l’être ? Cette aspiration ne met pas seulement en jeu le rapport de l’homme à la nature, elle met surtout en jeu le rapport de l’homme avec l’homme. Or chacun, dit Hegel, veut être reconnu par les autres. Le désir humain fondamental est désir de reconnaissance. Thème académique faisant l’objet de la célèbre analyse hégélienne de La dialectique du maître et de l’esclave. Rappelons en brièvement l’idée essentielle.

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   Ce n’est pas sans mélancolie que l’on prend en défaut un auteur admiré. Et pourtant il faut bien le faire lorsque ce qui s’observe de la réalité présente des sociétés démocratiques ne corrobore pas la prophétie tocquevillienne. Les polémiques du moment à propos de l’affaire Proglio m’en donnent l’occasion. Tocqueville écrit qu’ « En fait de jouissances matérielles, les plus opulents citoyens d’une démocratie ne montreront pas des goûts fort différents de ceux du peuple, soit que, étant sortis du sein du peuple, ils les partagent réellement, soit qu’ils croient devoir s’y soumettre. Dans les sociétés démocratiques, la sensualité du public a pris une certaine allure modérée et tranquille, à laquelle toutes les âmes sont tenues de se conformer. Il y est aussi difficile d’échapper à la règle commune par ses vices que par ses vertus ». De la Démocratie en Amérique, II, I, § XI.

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   « En février 2008, M. Nicolas Sarkozy, président de la République française, insatisfait de l’état actuel des informations statistiques relatives à l’économie et la société, a demandé à MM. Joseph Stiglitz (président de la commission), Amartya Sen (conseiller) et Jean-Paul Fitoussi (coordinateur) de mettre en place une commission, qui a pris par la suite le nom de Commission pour la mesure des performances économiques et du progrès social (CMPEPS). Celle-ci a reçu pour mission de déterminer les limites du PIB comme indicateur des performances économiques et du progrès social, en soulignant les problèmes relatifs à sa mesure, d’identifier les informations complémentaires qui pourraient être nécessaires pour aboutir à des indicateurs plus pertinents du progrès social, d’évaluer la faisabilité de nouveaux instruments de mesure et enfin de débattre de la présentation la plus appropriée des informations statistiques ». Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2009.

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LA RUCHE MÉCONTENTE, OU LES COQUINS DEVENUS HONNÊTES  

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Cf: Textes.  

   On entend par amour de soi l’attachement que tout être vivant a pour sa vie, la conservation et l’affirmation de celle-ci. La simple observation du réel montre que l’amour de soi est une tendance naturelle et fondamentale dans l’ensemble de la zoosphère. Elle est le propre de l’animal aussi bien que de l’homme. Le problème commence dès qu’il s’agit de préciser ce qu’il en est de l’amour de soi pour ce vivant singulier qu’est l’être humain.

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 «  DE L’INDIVIDUALISME DANS LES PAYS DÉMOCRATIQUES.

   J’ai fait voir comment, dans les siècles d’égalité, chaque homme cherchait en lui-même ses croyances; je veux montrer comment, dans les mêmes siècles, il tourne ses sentiments vers lui seul.

   L’individualisme est une expression récente qu’une idée nouvelle a fait naître. Nos pères ne connaissaient que l’égoïsme.

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Telle est la nostalgie : habiter dans les vagues

et ne jamais avoir d’asile dans le temps.

Et tels sont les désirs : dialogues à voix basse

des heures quotidiennes avec l’éternité.

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 Soeur Emmanuelle. le parisien.fr

 

    Nous appartenons à une culture ayant fait du précepte religieux : « Aime ton prochain comme toi-même » un principe si familier qu’on ne pense même plus à en interroger la signification. Or un devoir d’aimer n’est-il pas un non-sens et « si le moi est haïssable (comme le prétend Pascal), ne faut-il pas dire avec le malicieux Valéry, qu’aimer son prochain comme soi-même devient une atroce ironie ?» (Tel Quel, Pléiade II, p. 489).

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