
Quel antidote à l’ennui ? L’enthousiasme révolutionnaire, avait déjà suggéré Saül Bellow, un enthousiasme peut-être moins irrigué par le souci d’un monde meilleur que par le goût de la violence qui lui est substantiellement liée. D’où l’intérêt de lire ce texte de Fondane sur Baudelaire. L’auteur ne se contente pas de faire de l’ennui « le mal par excellence de la pensée », « la désaffection de la vie par la pensée », l’enfant maudit du péché originel, comme il a été vu dans l’article : ennui et connaissance. Il montre que « l’ennui à son tour engendre un besoin immense d’excitants, susceptibles, dans sa croyance, de le tirer de son état d’apathie; il ne recule devant rien : la drogue, la débauche, la violence, la cruauté; ce sont là ce que Baudelaire appelle « les paradis artificiels », la tentative vaine d’un redressement de l’équilibre perdu ». Ainsi s’éclaire l’idée que « la cruauté est fille de l’ennui».






