Courageuse Cécile Ladjali dans son obstination à défendre la fréquentation des auteurs classiques dans des espaces supposés peu disponibles à leur lecture! Le débat est récurrent depuis de nombreuses années… « Quelle littérature enseigner aujourd’hui ? » demande-t-on périodiquement.
L’occasion de la réitération de la question cette année est l’ouverture du 33ème salon du livre à Paris. Je ne sais pas si mon impression est juste ou fausse, mais il me semble que les journaux, pour une fois, donnent moins la parole aux démagogues de service, genre sociologues disciples de Bourdieu réduisant la culture classique à un phénomène de reproduction sociale, ou spécialistes de manuels « anti » tout ce que l’on veut. Et l’on est heureux d’entendre proclamer haut et fort la vertu des auteurs dénommés traditionnellement « classiques », pour signifier qu’ils sont dignes d’être enseignés dans des classes. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont le pouvoir d’ouvrir un monde commun, d’arracher de jeunes âmes à la vulgarité et à la médiocrité en faisant surgir une dimension de l’expérience humaine qui est celle de l’esprit universel. Et de telles œuvres, disait Hannah Arendt, se reconnaissent toujours à ce que leur mode d’apparaître dans l’espace public est celui de la beauté. « Sans la beauté, c’est-à-dire sans la gloire radieuse, par laquelle une immortalité potentielle est rendue manifeste dans le monde humain, toute vie d’homme serait futile, et nulle grandeur durable» La crise de la culture, idées/Gallimard, p. 279.
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Marqueurs:auteur classique, beauté, école, éducation libérale, humanisme, littérature, mode, moderne