Agnosticisme : Du grec : gnosis : la connaissance ; a : privatif.
Doctrine selon laquelle il n’y a pas de connaissance possible de tout ce qui dépasse l’expérience. L’agnostique suspend son jugement. Ni il n’affirme l’existence de Dieu, ni il ne la nie. Il avoue son impuissance en cette matière.
Animisme : Croyance ou religion selon laquelle la nature est peuplée d’âmes, tout corps étant habité par un esprit ou une volonté de manière analogue à ce qui se passe dans l’expérience humaine.
Athéisme : Doctrine qui nie l’existence de Dieu.
NB : Le mot a souvent été utilisé de façon injurieuse pour discréditer une conception hétérodoxe de la divinité. Spinoza fut en ce sens accusé d’athéisme.
Déisme : Doctrine admettant l’existence d’un Etre Suprême, aux attributs indéterminés, qu’il est possible de connaître par la seule lumière naturelle, sans le secours de la grâce et de la révélation. Le déisme ou religion naturelle a été historiquement un adversaire du christianisme et fut considéré comme un athéisme déguisé.
Fidéisme : Doctrine, condamnée par l’Eglise en 1848, selon laquelle la religion est affaire de pure foi dans la Révélation. Elle exclut donc toute justification rationnelle des dogmes. (Huet, Lamennais)
Laïcité : Le mot apparaît en 1871, dans le journal « La Patrie », à propos d’une polémique sur l’instruction religieuse dans l’enseignement.
La notion veut connoter ce qui n’est pas ecclésiastique, religieux. Le mot laïc est mobilisé car depuis le Moyen-âge, c’est celui qu’on oppose au clerc. Le laïc désigne celui qui ne fait pas partie du clergé. Le mot vient du grec laos désignant l’unité d’une population considérée comme un tout indivisible.
Il faut bien voir que l’idée de laïcité témoigne du souci de distinguer des ordres, non de disqualifier le religieux comme les copies le montrent souvent ou comme les intégristes de la laïcité, au mépris de l’esprit laïc s’y emploient sans vergogne.
La laïcité est, en France, une réalité constitutionnelle. L’article I de la Constitution de 1958 dit : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».
Elle est un dispositif juridique procédant de l’idée que la res-publica, c’est-à-dire la chose commune, ne peut pas être organisée sur des options spirituelles ou religieuses dont le propre est de n’être partagées que par quelques-uns. Pour garantir que la chose publique soit bien l’affaire de tous, il convient que l’Etat soit neutre en matière spirituelle et religieuse.
La laïcité est donc, en un sens fondamental, le choix d’une organisation politique affranchie d’une détermination ou d’un fondement religieux. L’institution d’un Etat laïc correspond à la sortie de l’âge théologico-politique. Ce principe s’est traduit par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9.12.1905.
Cette conception de l’Etat repose sur deux principes :
D’une part, la liberté de conscience est garantie comme un droit fondamental. L’Etat ne se reconnaît pas le droit d’intervenir dans les convictions de chacun. Chacun est libre d’adhérer aux croyances de son choix mais ses choix religieux sont une affaire privée.
D’autre part, des hommes ayant des options spirituelles ou religieuses différentes sont reconnus comme égaux en droit.
Ce choix d’une neutralité de l’Etat en matière religieuse n’a évidemment rien de neutre. C’est un choix de valeur. La laïcité est le parti-pris d’un espace public où des individus ayant des convictions très différentes, instituent le vivre-ensemble sur des principes protégeant la liberté de chacun. Tous les hommes étant libres et égaux en droits, c’est à eux, par la délibération rationnelle de définir la loi commune, selon des procédures constitutionnellement établies. Coupé du fondement ethnique ou religieux, le lien social doit être rationnellement institué.
D’où la nécessité de développer la raison en chacun. La République française a donc considéré que pour avoir une assise dans le peuple, elle avait besoin d’une institution organique, conçue comme espace où chacun est mis en situation de faire l’apprentissage de l’autonomie rationnelle. Elle a institué une école publique, gratuite, laïque et obligatoire.
Monothéisme : Doctrine affirmant l’existence d’un dieu unique, personnel et distinct du monde qu’il a crée. Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont des monothéismes.
Panthéisme : Doctrine selon laquelle le monde et Dieu ne font qu’un ; soit que tout ce qui est soit conçu comme étant en Dieu (Plotin), soit que Dieu soit immanent au monde. Le stoïcisme, le spinozisme sont des panthéismes. Dieu n’est donc pas conçu comme un être personnel, transcendant et créateur.
Polythéisme : Doctrine affirmant l’existence de plusieurs dieux. Ex : Le paganisme grec et romain.
Théisme : Doctrine admettant l’existence d’un Dieu unique et personnel comme cause première et transcendante du monde.
NB : Que signifie le thème wébérien du désenchantement du monde ?
C’est, selon notre auteur, la contrepartie du puissant processus de rationalisation du monde qui s’est opéré en Occident depuis la fin du Moyen Age. Cette rationalisation orientée vers l’action procède d’une volonté de contrôle et de domination systématique de la nature et des hommes. Weber la décrit dans ses multiples aspects :
-La rationalisation économique inhérente au système capitaliste, celui-ci constituant l’organisation économique la plus puissante et la plus rationnelle dans la production des biens matériels.
-La rationalisation scientifique conduisant à voir dans les phénomènes le produit de forces dont il est possible d’expliciter les lois. La science entraîne la disparition de la croyance en la magie et plus largement de la croyance en l’intervention de Dieu ou de la Providence dans le cours des choses. Le monde est considéré comme dépourvu de sens, comme l’effet d’une causalité aveugle, pur mécanisme sans intention, ni finalité. L’homme désormais vit dans un monde et d’une existence qui sont en deuil de sens. Les questions métaphysiques que la raison affrontait traditionnellement n’ont pas de pertinence scientifique. Par méthode, la science ne pose pas la question du sens.
« L’intellectualisation et la rationalisation croissantes ne signifient donc nullement une connaissance générale croissante des conditions dans lesquelles nous vivons. Elles signifient bien plutôt que nous savons ou que nous croyons qu’à chaque instant nous pourrions, pourvu seulement que nous le voulions, nous prouver qu’il n’existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie ; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde. Il ne s’agit plus pour nous, comme pour le sauvage qui croit à l’existence de ces puissances, de faire appel à des moyens magiques en vue de maîtriser les esprits ou de les implorer mais de recourir à la technique et à la prévision ».Le Savant et le Politique. 1919.
Marcel Gauchet a publié en 1985 un livre intitulé Le Désenchantement du monde dans lequel il soutient une thèse ayant fait date. La sécularisation du lien social, la désacralisation de la nature seraient à porter au crédit du christianisme. « Le christianisme est la religion de la sortie de la religion » affirme-t-il.


En ce qui concerne la laïcité, peut-on parler d’une pluralité de la laïcité?
J’ai pu observer , en allemagne, une conception bien différente de la laîcité de ce que nous connaissons en france> ou elle est plutot braquée contre la religion.Labas, elle est encouragée, les lycéens ont la possiblité d’inscrire des cours de religion dans leur cursus scolaire(meme s’il ne sont limités qu’au catholicisme et au protestantisme), et il est tout a fait permis que des élèves qui le désirent soient voilées en classe.
Tous les pays n’ont pas organisé la laïcité de la même manière. Des institutions sont le fruit d’une histoire. La laïcité a été au XIX° siècle l’enjeu d’un combat violent en France où s’opposaient deux idées de la France: France, fille aînée de l’Eglise d’un côté, France, fille de le Révolution de 1789 de l’autre.
Quelles que soient les différences, la laïcité implique la neutralité de l’Etat, la liberté de conscience et le pluralisme. Ce n’est pas un dispositif juridique dirigé contre la croyance religieuse mais contre les prétentions à la domination politique des religions. Il s’agit de sauvegarder la liberté de tous et en particulier de ceux qui ne croient pas et l’égalité des religions sur un territoire national.
L’école étant le pilier de la République (en droit car en fait il est permis d’en douter dans la mesure où elle semble devenue un Etat dans l’Etat) et les services publics, l’espace où l’idée abstraite d’Etat a une visibilité, nous avons considéré que la stricte neutralité religieuse doit être respectée. D’où l’interdiction du port du voile, signe ostentatoire d’une appartenance religieuse. Dans d’autres pays on est plus souple sur la question vestimentaire et il peut y avoir des régimes style concordat.
La laïcité est aujourd’hui contestée sur plusieurs fronts:
Celui de la gestion matérielle des cultes. Sur ce point on devrait pouvoir trouver une solution sans remettre en cause la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.
Elle l’est aussi par certaines minorités qui n’en acceptent pas le principe. Sur ce point la laïcité doit être non négociable.
bonjour quel est le désenchantement du monde selon marcel gauchet ?? merci davance ^^
C’est la reprise du thème webérien. Alors que traditionnellement l’imaginaire religieux structurait le monde humain ( le lien social, la forme d’organisation politique, le rapport à la nature etc. ) le désenchantement du monde signifie que cet imaginaire religieux s’effondre. L’homme se réapproprie le pouvoir d’instituer son monde de manière autonome or Marcel Gauchet montre que ce mouvement d’émancipation trouve son assise dans la religion chrétienne.
Pour le développement de cette idée voyez dans le chapitre: Réflexion sur l’Europe, l’article: Les deux matrices de l’Europe.
Bonjour et merci pour ces agapes noétiques,
Existe-t-il quelque part dans notre esprit collectif (gnose « universelle ») une idée reçue du monde selon laquelle l’existence de l’homme, pas plus que celle d’une fourmi ou d’un ver, n’a de sens que dans l’équilibre d’un ensemble (environnement) qui privé de lui, évoluerait par réarrangement avec la facilité de l’eau qui passe d’un volume cubique à un volume cylindrique ?
De et en quoi le travail est-il fondamental chez l’homme, de et en quoi la connaissance est-elle délivrance quand le sens se réduit à de brèves limites (empirisme / existence) en dehors desquelles seul demeure l’agnosticisme ?
De et en quoi l’illusion et la farce employées à entretenir et motiver la causalité de la condition humaine des masses (asservissement, endoctrinement, conditionnement) sont-elles une condamnation inéluctable des détenteurs de l’esprit des lumières et un échec de la morale et des lois ?
Bien à vous,
Blaise
Bonjour
Je ne suis pas sûre de comprendre le sens de vos questions et même si elles étaient claires pour moi, elles portent sur des thèmes si divers qu’il me serait bien impossible de répondre dans les limites du genre.
Avec mes regrets.
Bonjour Simone,
J’ai beaucoup apprécié votre développement sur la laïcité, notamment votre précision relative à sa finalité qui n’est pas de disqualifier le sentiment religieux mais de l’exclure du domaine public.
Je crois vos propos tout à fait à propos en ces temps de montée de l’intégrisme religieux.
Je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année.
A l’année prochaine,
Pierre
Joyeux Noël à vous aussi Pierre.
Que la nouvelle année vous apporte la réussite de vos projets et le bonheur intime.